Quand la Vulgate devient un instrument de la Contre-Réforme
Biblia sacra vulgatae editionis Sixti Quinti pont. max. jussu recognita atque edita Romae ex Typographia Apostolica Vaticana, M.D.XCII (1592)
[12]-1131-23 p. ; in-fol.
BNF, Réserve des livres rares, Résac. A. 217
Confrontée à la montée de la Réforme protestante qui a favorisé la diffusion du texte biblique auprès d'un large public grâce aux traductions en langues vernaculaires, l'Église catholique a ressenti l'impérieuse nécessité de réaffirmer sa doctrine : la Parole de Dieu se transmet par l'Écriture appuyée sur la tradition. Elle réunit le concile à Trente (1545-1563), qui donne en 1546 un statut d'authenticité incontestable à la version latine de saint Jérôme, la Vulgate, déclarée fidèle aux textes originaux ; mais, contestée par les humanistes de la Renaissance, elle est révisée et l'édition finale remaniée est publiée en 1592 sous les auspices du pape Clément VIII. Peu à peu, la notion d'authenticité se durcit au sein du mouvement de réforme catholique et cette version officielle se fige pour plus de trois siècles ; parallèlement, la méfiance reste entière à l'égard des versions en langues vulgaires suspectées d'ouvrir la voie aux doctrines hérétiques. Ainsi la Vulgate peut être considérée comme l'un des instruments de la Contre-Réforme catholique.
La première édition de la Vulgate sixto-clémentine s'ouvre par un magnifique frontispice orné de vignettes évoquant la Genèse et l'Exode, par deux grandes figures de Moïse et de David, et par celles, en bas de page, des quatre évangélistes avec leurs attributs ; au centre, Clément VIII remet la Vulgate à l'Église avec la devise "Accipe et devora" ("Prends et mange") signifiant que la Parole divine est nourriture.
 
 
 
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