Jacques de Guyse, Chroniques de Hainault
Un scribe apprenti
Flandres, vers 1450-1475
BNF, Manuscrits, français 20128 f. 1
Le scribe des XIIIe-XVe siècles n'a pas complètement abandonné le travail d'équipe : à la notion de scriptorium monastique se substitue celle de l'atelier laïque ou clérical, composé d'artisans dirigés par un chef. Grâce au système de la pecia, mettant à disposition des copistes l'exemplar, ou modèle à copier, sous forme de feuillets détachés de huit pages, (véritable naissance du travail à la chaîne !) : une quarantaine de scribes pouvaient travailler en même temps à la copie d'un ouvrage.
La différence de taille entre le maître et l'apprenti souligne ici l'importance de celui qui enseigne les secrets d'un art rigoureux. Alcuin, au IXe siècle exaltait déjà la lourde responsabilité du copiste : "c'est une noble tâche que de copier des livres sacrés, et le scribe ne manquera pas sa récompense. Il est préférable d'écrire des livres que de planter des vignes...".