Homélies à la Vierge par Jacques de Kokkinobaphos
L'Ascension et la Parousie
Constantinople, première moitié du XIIe siècle. Parchemin
BNF, Manuscrits, grec 1208 f. 3v
L'interdit de Moïse concernant la représentation divine n'a pas été repris par le christianisme mais le développement du culte envers les images a très tôt suscité un débat doctrinal et théologique. La tradition orientale lui confère une dimension sacrée : l'icône est une fenêtre ouverte sur l'invisible. Dans la tradition occidentale, l'image, si elle contribue à magnifier la parole divine, préside aussi largement aux apprentissages et à la mémorisation des séquences du texte.
Ce manuscrit des Homélies à la Vierge par le moine Jacques du monastère de Kokkinobaphos, abondamment orné d'enluminures inspirées d'épisodes de la vie de Marie, témoigne du renouveau artistique qui caractérise le XIIe siècle byzantin. Le rapprochement des thèmes de l'Ascension et de la Parousie (retour glorieux du Christ) apparaît déjà dans des œuvres plus anciennes. Dans le cas présent, ce rapprochement n'est pas visuellement représenté, mais est exprimé par le choix des textes figurant sur les phylactères qui ont un sens eschatologique (Isaïe 63,1 et Psaumes 46,6).