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Les armes

Les noms d’une dizaine d’armes apparaissent dans le Livre de Chasse. Figurent, dans les armes à main, l’épée, le glaive et le couteau, dans les armes de jet, la fourche ferrée, l’épieu et la lance et enfin, dans les armes de trait, l’arc qu’on appelle anglais ou turc et l’arbalète. Nous pourrions ajouter quelques accessoires hétéroclites faits pour battre la végétation ou effrayer l’animal, bâtons, pierres et sonnettes... et les pièges, fosses et lacs qui appartiennent à la mauvaise chasse.

Comme si cela allait de soi, Gaston Phébus ne prend que quelques fois la peine de décrire les armes. La lame de l’épée a "quatre pieds" et "la moitié du côté de la croix est dépourvue de tranchant"; l’arc "doit être d'if ou de buis et mesurer vingt poignées entre les deux trous où s'attache la corde, et quand l'arc est tendu il doit y avoir entre la corde et l'arc toute la longueur d'une main.

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La corde doit être de soie, ce qui permet de la faire plus mince et plus résistante que si elle était de chanvre ou de fil et sa détente est plus cinglante.[...] La flèche doit avoir huit poignées de long, de la bosse du trou inférieur jusqu'aux barbes du fer; et le fer doit avoir quatre doigts de large à l'extrémité des barbes; il doit être tranchant des deux côtés, bien affilé et bien aigu, et posséder cinq doigts de long". Enfin pour l’ignorant, l’arbalète pourrait passer pour un instrument de mesure de longueur : "à une portée d'arbalète, à double portée d'arbalète, à deux ou trois portées d'arbalète".
Si le texte se montre laconique, les illustrations des manuscrits 619 et 616 offrent de pertinentes représentations. Le veneur dispose de l’épée et du couteau à dépecer et quand il est à cheval, il brandit une rapière, puissante et acérée. L’arc et l’arbalète font l’objet de dessins très précis, notamment pour la chasse au lièvre. Dans le manuscrit 619, le chasseur utilise une flèche bouchonnée qui doit permettre de tuer le petit gibier en l’assomant, sans l’abîmer. Les chasses à la loutre ou à l’ours offrent de belles images de fourches ferrées, de lances ou d’épieu.
En ce qui concerne les pièges, haies, fosses, dardiers, hausse-pieds, tables, aiguilles, poches, réseaux et menues cordelettes, c’est encore l’image, plus que les mots, qui vient au secours du lecteur pour en décrire et expliquer le fonctionnement.