Gallimard

Le Bûcher des innocents

maître Henri Garaud, 21 avril 1985, cité dans Laurence LACOUR, éditions des Arènes, 1998.
 
« Au moment de l’affaire Villemin et de l’enquête sur l’assassinat d’un enfant à Lépanges-sur-Vologne (Vosges) en 1984, l’avocat de Christine Villemin, sur laquelle se portent les soupçons s’emporte contre la presse et publie un communiqué à l’AFP :
« Aujourd’hui, Christine Villemin bénéficie d’un traitement spécial : elle est non inculpée coupable. Cela est grave et devrait interpeller le Garde des Sceaux lui-même et le chef de l’Etat. Qu’importe que Christine Villemin n’ait jamais été placée en garde à vue : la presse l’a écrit. Qu’importe qu’elle n’ait pas été inculpée, alors même qu’on ne cesse de nous dire que tout inculpé est présumé innocent. Juridiquement partie civile dans l’affaire de l’assassinat de son fils, elle est, grâce à la puissance de la presse écrite, parlée et télévisée, clouée au pilori sur la place publique. Certains attendent même son suicide dans l’espoir d’un scoop de première classe. On n’hésite même pas à lui attribuer, en allant jusqu’à les publier entre guillemets, des propos qu’elle n’a jamais tenus. »