Gallimard

Carnets de Bagdad

Jean-Paul Mari, Grasset, 2003, p. 180
 

Reporter pour Le Nouvel Observateur, Jean-Paul Mari raconte ce qu’il a observé lors de la guerre en Irak.
« Plusieurs centaines de journalistes, dont beaucoup d’Américains, arrivent après la bataille, frais et roses, leurs malles bourrées de dollars et de nourriture, d’eau, de café, d’électronique flambant neuve. À Bagdad, un bon millier d’entre eux ont débarqué, envahissant les hôtels, faisant tripler le prix d’un interprète, décuplant le prix d’un simple café ou d’un paquet de Marlboro, s’arrachant le moindre service à coups de liasses de billets. Le parking est complet et des voitures émettrices de télé envahissent les rues sur cent mètres à la ronde, servies par des journalistes qui, face à la caméra, ne quittent pas leur gilet pare-balles dans un environnement déjà totalement sécurisé par une armée de marines. »