Nouvelles en trois lignes
Le Matin
Francis Fénéon, 21 juin 1906.
BnF, philosophie, histoire, sciences de l'homme, GR FOL- LC2- 4105 (BIS)
© Bibliothèque nationale de France
Félix Fénéon accepta en 1906 de rédiger pour Le Matin la chronique des « Nouvelles en trois lignes ». Il s’agissait d’une rubrique d’informations brèves, composées de trois lignes, comptant de cent dix à cent cinquante signes typographiques (Twitter n’a rien inventé !), de forme fixe et de structure close. Fénéon en fit une esthétique de la concision. Parmi les techniques d’écriture qu’il utilise dans ses savoureuses nouvelles, on peut citer :
- les raccourcis qui composent un micro-récit : « Elle tomba. Il plongea. Disparus. », « Madame Fournier, M. Voisin, M. Septeuil se sont pendus : neurasthénie, cancer, chômage. »
- détachement objectif et humour noir : « Un plongeur de Nancy, Vital Frérotte, revenu de Lourdes à jamais guéri de la tuberculose, est mort dimanche par erreur. », « Zoo de Vincennes, la nuit passée. Pour un cadeau original, M. Henri visite les lionceaux. Reste une main munie d’une chevalière. »
- Jeu sur les noms propres : « Prenant au mot son état-civil, Melle Bourreau a voulu exécuter Henri Bomborger. Il survivra aux trois coups de couteau de son amie. » - Effet de chute : « Au lieu de 175 000 francs dans la caisse de réserve en dépôt chez le receveur des contributions directes de Sousse, rien. »
(D.S.)
 
 

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