Presse à bras
Vue perspective
Paris, 1786.
Planche I face page 46
BnF, réserve des livres rares, RES M-V-292
© Bibliothèque nationale de France
Les « gazettes » de l’ancien régime sont produites sur un matériel d’impression qui ne change pas beaucoup depuis son invention par Gutenberg. Jusqu’au XIXe siècle, c’est le règne de la presse à bras. Les journaux, en dépit de leur petit format in quarto et leur faible nombre de pages (quatre, plus rarement huit), mobilisent alors beaucoup d’énergie humaine. Quand les typographes composent la page à la main, caractère par caractère, ligne par ligne, en puisant dans leurs casses, les ouvriers « pressiers » accomplissent leurs gestes de façon répétitive : une fois la forme, qui enferme la composition, ajustée sur le marbre puis encrée à l’aide de balles (boules de chiffon et de cuir imbibées l’encre), on lui applique une feuille qui est alors comprimée par une platine, qu’on descend à la main à l’aide d’une vis en bois, puis qu’on remonte, opération généralement répétée (d’où l’expression de « presse à deux coups ») avant que l’on retourne la feuille pour en imprimer le verso. Qu’on songe que si le rendement est alors de 150 à 200 feuilles à l’heure, soit environ 2 500 par journée de travail, le lancement du premier quotidien, Le Journal de Paris en 1777, apparaît alors d’une audace inédite, et la floraison des feuilles révolutionnaires (500 titres entre l’été 1789 et août 1792) comme un prodige.
Vers la fin du XVIIIe siècle, quelques menus progrès, tel un contrepoids qui permet au « pressier » de relever automatiquement sa platine sans utiliser la force du bras, ou la modification de la vis de pression, ne changent guère les conditions dans lesquelles sont imprimées les gazettes. À la fin de l’Empire, l’arrivée de la presse anglaise Stanhope, tout en métal et en leviers qui assurent une pression plus régulière et une rapidité d’exécution, accélère le rendement en le portant à 300 feuilles à l’heure.
 
 

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