Le Génie des Français apporte des nouvelles
Allégorie du télégraphe de Chappe
BnF, département Estampes et photographie, RESERVE FOL-QB-201 (131)
© Bibliothèque nationale de France
Claude Chappe invente en 1794 un télégraphe optique qui permet de communiquer sur une longue distance des signaux codés que chaque guetteur observe à la longue vue et répète lors de sa transmission au sémaphore suivant. Malgré ses inconvénients (aucune communication n’est évidemment possible la nuit ou par mauvais temps), le réseau Chappe, riche de ses 1 853 kilomètres en 1805, atteint en France 5 000 kilomètres et relie une trentaine de villes en 1845.
C’est cette année-là que le télégraphe électrique, pourtant accueilli avec perplexité en France, entame son lent déploiement sur le territoire français. Mais il reste jusqu’en 1851 un monopole d’Etat. Les tarifs demeurent en outre très élevés : au mitan du siècle, il en coûte encore près de dix francs-or pour envoyer un message par fil à cinq cents kilomètres ! Mais bientôt le télégraphe s’ouvre aux entreprises, les prix baissent bientôt et les journaux s’y intéressent. L’atout de la rapidité des messages est de fait irrésistible : quand la nouvelle de la victoire d’Austerlitz en 1805 était parvenue à Paris au bout de dix jours, il ne faut pas plus de deux heures à un discours de Napoléon III pour être connu à Alger en 1858. La pose de câbles sous-marins et l’invention de transcripteurs plus rapides achèvent de faire du télégraphe électrique l’instrument essentiel de transmission des nouvelles. Tous les journaux de province en sont dotés, même les plus petits, reliés « par fil » à la capitale.
 
 

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