Les premiers journaux

Le Vieux Cordelier

n° 4
Camille Desmoulins, décembre 1793.
in-8°
BnF, Philosophie, Histoire, Sciences de l’homme, 8-LC2-804
© BnF
Camille Desmoulins (1760-1794) est devenu une célébrité du Paris révolutionnaire dès juillet 1789. Journaliste reconnu des Révolutions de France et de Brabant, il est aussi un actif militant qui fréquente les clubs des cordeliers et des jacobins. Proche de Danton dont il sera, avec Fabre d’Églantine, le secrétaire au ministère de la Justice, il est élu député à la Convention. Le 5 décembre 1793, il publie le premier numéro du Vieux Cordelier dans lequel il s’attaque d’abord à la surenchère prônée par Hébert et les cordeliers.
Six numéros paraissent en moins de deux mois et rencontrent un énorme succès. Dénonçant la Terreur, Desmoulins est vite amené à mettre en cause la politique du Comité de salut public menée par Robespierre et Barère. Devenu suspect aux yeux des clubistes, bientôt abandonné par son ami Robespierre qui l’a longtemps défendu, englobé dans le discrédit que Fabre jette sur les amis de Danton, il est guillotiné avec eux le 5 avril 1794.
Entre-temps, le n° 7 du Vieux Cordelier a été saisi ; il revient au libraire Desenne, qui a gardé les épreuves corrigées par Desmoulins, de le publier en juin 1795. Desmoulins, qui en avait remplacé le titre « Le pour et le contre » par « Sur la liberté de la presse », y faisait l’éloge de la liberté de parole anglaise que garantissait l’habeas corpus et de la liberté de la presse comme le meilleur rempart des peuples libres contre les invasions du despotisme : « La liberté politique n’a point de meilleur arsenal que la presse. » (Y. F.)