La caricature et la censure

L’Éclipse

n° 161, page une dessin d’André Gill
26 novembre 1871.
48,5 × 33,5 cm
BnF, Philosophie, Histoire, Sciences de l’homme, GR FOL-LC13-114
© BnF
Dessinateur de presse parmi les plus célèbres du XIXe siècle, André Gill (pseudonyme de Louis-Alexandre Gosset de Guines, 1840-1885) subit comme ses confrères les foudres de la loi. Dans cet autoportrait, il se représente les yeux bandés, évoluant plume à la main au milieu d'œufs qu’il ne doit pas briser, autrement dit au coeur de la vie politique dont il doit rendre compte sans égratigner les institutions, sous peine de connaître les rigueurs de la justice, voire celles de la geôle.
En 1874, il donne à la censure une autre représentation qui fait florès sous la forme de « Madame Anastasie », vieille femme en robe jaune portant une immense paire de ciseaux et accompagnée d’un hibou, symbole de l’obscurité, et d’Atropos, la Parque qui coupe le fil de la destinée – en particulier celle des journaux.