Ces unes qui ont fait l\'histoire

La capitulation

Le Matin
22 juin 1940.
BnF, philosophie, histoire, sciences de l'homme, GR FOL- LC2- 4105 (BIS)
© BnF
Paris est occupé depuis le 14 juin, l'armistice du 22 juin 1940 met fin aux hostilités et établit les règles de l'occupation allemande. Elle divise aussi le territoire français entre zone occupée (au nord) et zone libre (au sud).
Tout est mis en œuvre pour un rapide retour à la normale. Si quelques journaux comme L’Intransigeant, L’Aube ou Le Canard enchaîné, préfèrent se saborder plutôt que de paraître dans une France du Nord sous la coupe de la Wehrmacht, d'autres retrouvent rapidement le chemin des kiosques, comme Le Matin, dès le 17 juin.
Fatalement, ces journaux de la zone occupée devront se plier aux attentes des nouveaux maîtres. Ainsi peut-on lire sur cette une cette supplique adressée aux alliés d'hier, « messieurs les anglais », priés d'aller combattre le Reich hors du territoire français. Quant à l'article central sur les conditions de la signature, il ne laisse aucun doute sur la main qui tient la plume :« Ce qui s'est passé aujourd'hui en forêt de Compiègne répare l'injustice causée à l'honneur allemand en 1918 ».
Sur les ruines de cette presse humiliée naîtra prochainement une autre presse, clandestine et combattante : les Combat, Franc-tireur ou Défense de la France des mouvements de la Résistance.