Les premiers journaux

Les Annales politiques, civiles, militaires du dix-huitième siècle…

Simon-Nicolas-Henri Linguet, 1783.
BnF, Histoire, philosophie, sciences de l'homme, 8-LC2-85 (A)
© BnF
Avant la Révolution, les journaux se multiplient. Leur succès est grand et l’activité de journaliste devient souvent lucrative, au point de susciter de nombreuses vocations. Avocat rayé du barreau puis journaliste, Simon-Nicolas-Henri Linguet (1736-1794), après s’être aliéné le pouvoir aussi bien que les milieux littéraires, s’exile à Londres d’où il lance ses Annales, civiles, politiques et littéraires, journal de combat antiphilosophique. Son journal est lu aussi bien par la famille royale que par les couches populaires parisiennes. Attiré à Paris en 1780, il est embastillé jusqu’en 1782. Revenu à Londres, il renoue avec les Annales reprises par Mallet du Pan, et publie un retentissant Mémoire sur la Bastille qui fait de lui, à son retour en France, un héros populaire. Malgré son retrait de la vie publique en 1792, il est rattrapé par son passé d’agent double au service de l’Autriche et guillotiné en 1794. Les Annales de Linguet, en principe bimensuelles, connurent un vif succès, attesté par de multiples contrefaçons, et furent très lucratives pour leur auteur. Tirée des Annales, cette estampe de 1783 rend hommage à Louis XVI qui vient d’adoucir les conditions de détention des prisonniers de la Bastille. La foudre qui frappe les murs de la forteresse préfigure bien involontairement la future prise de la Bastille…