patience...
 


MARCEL PROUST
Le Temps retrouvé
Brouillons autographes, 2 cahiers, 69 et 75 f., 22 x 17 cm. et 25 x 19 cm.
Paris, BnF, Manuscrits, NAF 16691, 16697.
Lorsque Proust écrit à Madame Straus, en août 1909 : "je viens de commencer - et de finir - tout un long livre" (Kolb, IX, 163), il dit la vérité. Dès ce moment en effet, il avait déjà conçu le projet de conclure son roman sur une évocation de la fuite du temps. Dans le dernier cahier du Contre Sainte-Beuve, le narrateur, convié à une "soirée" chez la Princesse de Guermantes, retrouve des personnes qu'il a connues autrefois et est fort surpris, car "il semblait bien qu'ils fussent tous sinon costumés du moins grimés, poudrés ; je reconnaissais bien tout le monde mais comme dans un rêve ou dans un "bal de têtes". Ce thème sera repris et amplifié à la fin de 1910 et en 1911, au cours, cette fois, d'une "matinée" chez la Princesse de Guermantes où le "bal de têtes", proprement dit est précédé d'un développement, désigné sous le nom de l'"Adoration perpétuelle", dans lequel Proust s'efforce de définir son esthétique. Le Temps retrouvé est donc déjà en place dans la construction proustienne.