patience...
 


MARCEL PROUST
Jean Santeuil
Manuscrit autographe en deux volumes, 441 et 262 f., volume 1, grand folio, 441 f. Demi-reliure maroquin rouge, 45 x 22 cm
Paris, BnF, Département des Manuscrits, NAF 16615
Marcel Proust travailla à un projet de roman de 1895 à 1899, mais ne l'acheva jamais : les textes issus de ce projet seront réunis bien après sa mort sous le titre de Jean Santeuil par Bernard de Fallois, et publiés en 1952 chez Gallimard, dans la Collection Blanche, en 3 volumes, préfacés par André Maurois. L'écriture de ce roman n'a véritablement commencé que durant le séjour que Marcel fait à Beg-Meil en septembre et octobre 1985 avec Reynaldo Hahn. Il écrit d'abord sur des feuilles volantes, puis se procure un cahier, qu'il termine en septembre 1896, avant de poursuivre sur des papiers divers. Le manuscrit de Jean Santeuil est composé de chapitres et fragments de chapitres indépendants les uns des autres, non paginés, rédigés à des époques différentes et à des dates généralement incertaines ; les textes sont très souvent un premier jet non relu. Ces textes sont très autobiographiques, comme en témoigne la "préface", dont il ne subsiste qu'un paragraphe : "Puis-je appeler ce livre un roman ? C'est moins peut-être, et bien plus, l'essence même de ma vie, recueillie sans y rien mêler, dans ces heures de déchirure où elle découle. Ce livre n'a jamais été fait, il a été récolté". Contrairement au narrateur de la Recherche, Jean Santeuil n'est pas écrivain, et le temps n'est pas encore venu pour Proust de le devenir complètement. Son principal problème, qui va se révéler structurel, est celui de la composition de ce roman : "je ne peux pas dire que j'aie encore travaillé à mon roman dans le sens d'être absorbé par lui, de le concevoir d'ensemble" (Kolb, II, 124).