patience...
 


Paris : le jardin des Champs-Elysées, Les Nounous
Six cartes postales, 8,8 x 13,8 cm
Paris, BnF, Département des Estampes et de la Photographie, Va mat 50 d
Le jardin des Champs-Elysées, est au cœur du Paris de Proust, le lieu des jeux de l'enfance et le cadre d'un premier amour. Il s'y rendait quotidiennement après sa journée de classe et y retrouvait d'autres enfants de la haute bourgeoisie du VIIIe arrondissement. Parmi ses compagnes de jeux, il eut en 1887 une jeune fille d'origine russe, Marie de Benardaky, qu'il présentera plus tard comme "l'ivresse et le désespoir de son enfance" (Kolb, XVII, 175) et qui prête successivement ses traits à Marie Kossichef, dans Jean Santeuil, puis à Gilberte Swann, dans la Recherche. Si Marcel se livre aux divertissements que le jardin offre à ses jeunes habitués (manèges de chevaux de bois, jeux de barres, représentations au Théâtre de Guignol, promenades à ânes...), il ne perd pas pour autant l'occasion de discuter littérature avec ses camarades, ni de leur réciter des vers. Et, tel le narrateur guettant Gilberte, il attend l'arrivée de Marie se réjouissant d'apercevoir enfin "entre le guignol et le cirque, à l'horizon embelli, sur le ciel entr'ouvert [...] comme un signe fabuleux, le plumet bleu de Mademoiselle." (RTP, I, 391).