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Nus et sujets libres





















Nus et sujets libres
Rembrandt s'est intéressé très tôt au nu féminin. Très éloigné de l'idéal académique, il recherche avant tout une représentation de la réalité. Il a souvent choqué et André Pels en 1681 s'offusque : "Au lieu de prendre pour modèle la Vénus grecque, il a été chercher une blanchisseuse ou une fouleuse de tourbe. Oui ! des seins flasques, des mains déformées, voire même les plis du corsage autour des reins et ceux des jarretières sur la jambe, il copia tout !". Si, comme le dit plus modérément Sandrart, "il lutta contre les académies et s'en tint à la nature", il a su plus tard, dans sa maturité, emprunter à celle-ci son pouvoir de suggestion et déceler toutes ses ressources esthétiques. L'artiste use du clair-obscur pour faire surgir de l'ombre un corps de lumière, au mépris des contours précis, ou encore il fait filtrer la lumière à travers les tailles d'ombre et sculpte mystérieusement un nu sans contours dans l'épaisse pénombre.
Les nus, les sujets libres comme les scènes mythologiques occupent néanmoins peu de place dans l'œuvre gravé de Rembrandt.