Buste d'homme au bonnet de fourrure et au manteau brodé
Signé du monogramme et daté à partir du 2e état : RHL 1631
Eau-forte et burin. 147 x 130 mm
Quatre états
1er état
Avant le monogramme et la date ajoutés au 2e état.
BNF, Estampes, Rés. Cb-13a
Si, dans un autre portrait de son père, Rembrandt avait représenté un vieillard triste et perdu dans ses pensées, dans celui-ci l'expression de déconvenue et de désarroi est totale. Les yeux baissés, les épaules tombantes, la main sans force, montrent un être sans doute vaincu par la maladie ou las de vivre. Harmen Gerritszoon van Rijn mourut en avril 1630, et il se pourrait que la planche, dont le 1er état n'est pas signé, ait été gravée cette année-là et parachevée l'année suivante.
Dans le portrait cité précédemment, la tête du vieil homme apparaît totalement de profil, alors que dans celle-ci elle est représentée de face, bien que le corps soit de trois quarts. La lumière est beaucoup plus douce et nuancée et ne heurte plus la tête de plein fouet. Aucune ligne ne précise le profil, mais Rembrandt s'efforce d'esquisser le côté droit au moyen de tailles délicates qui précisent aussi l'oreille. Le grisé subtil des lignes avec lesquelles il modèle le visage témoigne d'une maîtrise prodigieuse de la technique, cependant qu'il incise avec force la zone de la barbe et de la moustache, très noires, afin de rehausser la clarté de la partie supérieure du visage et d'attirer l'attention sur les yeux et le front. Traité avec une grande liberté et légèrement penché vers la gauche, équilibrant l'inclinaison de l'épaule, le bonnet de fourrure concourt, lui aussi, à cet effet.
On se rend aisément compte que Rembrandt a gravé la tête en premier lieu, ajoutant par la suite le corps, qu'il lui fallut corriger et agrandir derrière l'épaule - sans doute le jugea-t-il trop petit. Quoi qu'il en soit, quelque chose ne convenait pas. Pour équilibrer la composition et éviter qu'elle ne se déporte vers la droite en raison de la grande luminosité de cette partie, il retoucha au burin le côté gauche, derrière la chaise, déterminant ainsi un troisième plan au fond, au-dessus du manteau, de forme triangulaire, et il couvrit le premier plan d'un grisé de hachures de façon à obtenir un triangle d'ombre faisant pendant à celui, lumineux, du côté opposé. Le devant du manteau qui couvre le vieil homme est traité avec une grande sobriété, contrastant avec le souci du détail que l'on constate dans la façon dont il a gravé les vêtements sombres de la mère, dans les estampes auxquelles celle-ci pourrait être apparentée. Prodige de subtilité et de maîtrise de la gravure que l'incomparable légèreté de cette main délicatement posée dans son giron !
E. S. P.
 
 
 
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