La Circoncision à l'étable
Signé et daté deux fois, en haut à gauche (le d inversé) et au centre du côté gauche Rembrandt f. 1654
Eau-forte. 95 x 144 mm
Trois états
2e état
Cet état était considéré auparavant comme un 1er état. Depuis la localisation d'un nouvel état antérieur, il est considéré comme le 2e. Ce qui le différencie du précédent, c'est la façon dont le bras de l'homme debout à droite qui regarde de face, tombe tout droit, étirant son buste. Deux zones claires sans gravure, l'une au-dessous de la signature en haut à gauche et l'autre sur la figure de l'enfant se distinguent. Épreuve avec un ton superficiel dû au retroussage.
BNE, Invent / 29228
Série L'Enfance du Christ, 1654
"Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception."
(Luc, II, 21.)

La Bible ne précise pas où eut lieu la Circoncision, mais on représente presque toujours la scène à l'intérieur du Temple. Toutefois, les Évangiles apocryphes rapportent qu'elle eut lieu dans l'étable où naquit l'Enfant, d'où la présence de la Vierge car, selon la loi juive, elle n'aurait pu pénétrer dans le Temple que quarante jours après la naissance.
Même si Rembrandt a totalement changé de technique et de thème, on perçoit encore des réminiscences du 4e état des Trois Croix sur le côté droit de cette estampe, presque entièrement couvert de traits parallèles, longs et profonds, qui forment un rideau transparent, mais obscur, derrière lequel on entrevoit les figures qui contemplent la scène. Les rayons descendent du ciel comme pour délimiter la scène principale et concentrer l'attention sur les figures de saint Joseph, qui tient l'Enfant, de la Vierge, qui se détourne pour ne pas voir ce que l'on fait à son fils, et d'une vieille femme debout à l'arrière-plan. Soucieux d'éviter un contraste trop brutal entre les deux parties de l'image, Rembrandt a recherché des effets de tonalité dans l'épreuve du 2e état, non seulement en gravant d'autres zones de la planche avec des tailles d'une grande finesse, mais aussi en laissant une légère couche d'encre sur la surface de la planche à l'impression (technique dite du "retroussage"), obtenant ainsi un gris d'une grande douceur autour de la scène centrale, ce qui permet à celle-ci de ressortir davantage, grâce au blanc du papier. Les graduations de teinte ainsi obtenues se perdent dans d'autres épreuves postérieures comme celle du 3e état, dont le tirage a été effectué d'une manière plus conventionnelle et plus uniforme.
E. S. P.