Le Christ devant Pilate
Signé et daté 1635 au 1er état et 1636 au 2e état
Eau-forte et burin. 549 x 447 mm
Cinq états
2e état
La signature et la date au-dessus de la voûte et sous la pendule au 1er état sont maintenant dans la marge du bas et la date 1635 est modifiée : Rembrandt f. 1636 cum privile. Le groupe de personnages au centre - Pilate et les hommes devant lui -, qui n'était pas représenté, l'est maintenant. Des travaux sont rajoutés en plusieurs endroits (foule, pilier, horloge), suivant les retouches effectuées sur l'épreuve du 1er état du British Museum. Au 3e état, l'épaule droite de l'homme devant Pilate sera effacée au brunissoir et la jambe droite du Christ allongée. Quelques travaux seront ajoutés au 4e état. Une nouvelle inscription dans la marge du bas : Rembrandt pinxit. Malboure excud. Rue St. Iacques au dessus de St. Benoit a l'Imprimerie de taille douce. Malboure était actif à Paris vers 1740.
BNF, Estampes, Rés. Cb-13a
L'un des plus grands cuivres de Rembrandt aurait été exécuté au cours de deux années. Il reproduisait une grisaille conservée à la National Gallery, à Londres. Suivant l'exemple de Rubens, l'artiste s'essayait à la gravure de reproduction. Il avait commencé en 1633 avec La Descente de Croix exécutée d'après une peinture du cycle de la Passion que lui avait commandée Frédéric-Henri d'Orange-Nassau. Il abandonna cependant après ces deux tentatives cette possibilité de diffusion de ses peintures par la gravure.
Cette composition en diagonale où le groupe principal - Jésus, Pilate et les prêtres dans un cône de lumière -, fait face à une marée humaine représente l'instant décisif de la condamnation du Christ. Pilate ne s'adresse pas à la foule mais aux grands prêtres selon le texte de Jean (XIX, 6) : "Prenez-le, vous, et crucifiez-le ; car moi je ne trouve pas en lui de motif de condamnation." Mais l'un d'eux insiste, menaçant, pour que le gouverneur romain saisisse la verge de justice, branche de frêne de plus de deux mètres qui jouait encore un rôle dans la cérémonie de réquisition et de prononciation de la peine capitale. Sur son foulard les caractères gravés sont illisibles, de même que ceux qui ornent la coiffe de l'autre prêtre, qui tend une main vers la foule. Dans la peinture en grisaille il est possible de déchiffrer JHWH ("Seigneur" en hébreu) suivi d'Al ou d'El, peut-être le début d'Elohim (Dieu). Rembrandt s'est représenté coiffé d'une casquette, derrière le hallebardier à la gauche du Christ, comme il l'a souvent fait, peut-être pour signifier la responsabilité de tout individu dans cette condamnation d'un innocent.
Jusqu'au XIXe siècle, l'Ecce Homo et son pendant La Descente de Croix étaient considérés comme deux des plus belles gravures de l'artiste. Puis ces œuvres baroques, caractéristiques de la belle gravure du XVIIe siècle hollandais, furent attribuées à un élève de Rembrandt, Jan van Vliet. Il semble que Rembrandt ait donné des indications à van Vliet, notamment en retouchant le 1er état à la peinture à l'huile, puis ait réalisé quelques retouches également à la pointe sèche et au burin aux 2e et 3e états. Van Vliet serait l'auteur du groupe central et de l'ensemble de l'estampe.
Vingt ans séparent cette œuvre qui connut un très grand succès de celle sur le même thème, considérée maintenant comme l'un des plus grands chefs-d'œuvre de l'estampe, Ecce Homo.
G. L.
 
 
 
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