La Négresse couchée
Signé et daté en bas à gauche Rembrandt f 1658
Eau-forte, pointe sèche et burin. 158 x 81 mm
Trois états
3e état
Les espaces blancs le long du bord supérieur de la plaque ont été ombrés
BNF, Estampes, Rés. Cb-13a
Le titre a été donné pour la première fois par Bartsch en 1797 mais il ne s'agit pas d'une négresse. Dans le catalogue de la collection d'Amédée de Burgy en 1755, ce nu est intitulé Femme dormant nue, les fesses au vent (n° 550). La confusion vient du modelé rendu par l'ombre et non par la lumière. Le corps, dessiné par un réseau très dense de tailles plus ou moins serrées et profondes qui filtrent une lumière très subtile, émerge de l'obscurité. Les formes s'imposent sans contours, par des volumes animés de clarté diffuse. Les trois procédés, eau-forte, pointe sèche et burin, sont indissociables et se fondent étroitement. Cette manière rigoureuse, très élaborée, contraste avec la liberté graphique des linges clairs du lit. La qualité des épreuves varie selon l'encrage et l'essuyage, essentiels dans cette estampe pour sculpter la musculature et suggérer la mouvance des chairs souples et fermes selon la luminosité. La comparaison des épreuves des trois états exposés met en évidence ces effets.
Rembrandt a réalisé là un nu féminin d'un modernisme étonnant, dont Delacroix s'inspira pour l'estampe Étude de femme vue de dos en 1833.
G. L.
 
 
 
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