Glossaire

Le Docteur Faustus

Barbe

Particule de cuivre soulevée de chaque côté du sillon creusé par le burin ou par le trait de pointe sèche.

Brunissoir

Outil d’acier poli à lame aplatie et arrondie, de section ovale, utilisé pour effacer par écrasement les tailles, les barbes ou les rayures indésirables.

Burin

Outil d’acier à pointe carrée ou rectangulaire dont le bout est sectionné obliquement. Le graveur s’en sert pour creuser un sillon dans le cuivre en le poussant avec la paume de la main. L’ensemble des sillons ou tailles reproduit le tracé de la composition qui sera encré et imprimé. Les surfaces non gravées restent blanches.

Contre-épreuve

Tirage obtenu par le passage sous presse d’une épreuve fraîchement imprimée sur une feuille de papier.

Contretaille

Trait de burin ou de pointe qui vient croiser une taille, perpendiculairement ou obliquement.

Coup de planche ou cuvette

Empreinte en creux laissée par le cuivre dans le papier lors de son passage sous presse.

Eau-forte

Le graveur reproduit sa composition sur une plaque de métal recouverte d’un vernis à l’aide d’une pointe. Le tracé met à nu le métal. La plaque est plongée dans de l’acide nitrique mélangé d’eau, l’eau-forte, qui attaque le métal. C’est la morsure dont la durée varie selon l’intensité des noirs souhaitée. La plaque est ensuite dévernie, encrée et tirée. L’épreuve obtenue est aussi appelée eau-forte.

Ébarboir

Grattoir à lame quadrangulaire dont les graveurs se servent pour faire disparaître les barbes ou pour gratter.

Épreuve

Support mobile (papier, vélin, étoffe) sur lequel a été effectuée l’impression d’une plaque de métal ou d’une planche de bois gravée.

Estampe

Image multipliable à l’identique à partir d’un élément d’impression, tel qu’une planche de bois ou une plaque de métal gravée qui, encrée et passée sous une presse, s’imprime sur une feuille de papier ou sur un autre support, vélin, parchemin, étoffe.
David en prière

État

Épreuve d’une estampe à différents stades du travail du graveur (1er état, 2e état, etc.)

Filigrane

Marque de fabrication du papier dessinant des lettres ou des figures, fixée à la forme et indiquant le moulin d’origine. Ces motifs apparaissent par transparence sur la feuille.

Papier

Voir Supports

Planche

Bois ou métal sur lequel on grave.

Pointe à graver

Aiguille d’acier emmanchée plus ou moins grosse, utilisée par les graveurs à l’eau-forte ou à la pointe sèche pour dessiner sur le cuivre verni ou nu.

Pointe sèche

Pointe d’acier avec laquelle on trace la composition directement sur le cuivre. En rayant le cuivre, la pointe soulève des barbes qui se chargeront d’encre et qui donneront à l’impression des traits veloutés. L’épreuve obtenue est aussi appelée pointe sèche.

Polissage

Action de polir le métal pour le rendre très lisse afin que sa surface ne comporte aucune rayure.

Soufre

La fleur de soufre mêlée d’huile, appliquée au pinceau sur le cuivre, produit une légère corrosion donnant un grain très fin à l’impression.
Tobie aveugle

Supports

Rembrandt utilisait divers supports pour imprimer ses estampes : papier européen, papiers orientaux, vélin et parchemin. Il obtenait des épreuves aux effets très différents. Les papiers orientaux étaient le papier chine, très mince, léger, à la couleur ivoire ou grisâtre, à l’aspect plus mat que le papier japon ; le papier japon, soyeux, nacré, jaune clair ou gris. L’épaisseur de ces papiers, leur capacité d’absorption, leur souplesse, leur résistance, leur tonalité, leur translucidité, sont très diverses. Ces papiers ne comportent pas de filigrane. Le papier indien au ton rougeâtre, qui provenait des Indes orientales, présente des fibres épaisses.
Le papier européen de qualité provenait de l’Allemagne du Sud et du Nord de la Suisse. À partir du milieu du XVIIIe siècle, Amsterdam importa du papier du Centre de la France. Le papier européen vergé fabriqué à partir de vieux chiffons de lin ou de chanvre se caractérise par les empreintes du tamis métallique sur lequel la pâte à papier est recueillie : les vergeures et les fils de chaînette, ou pontuseaux, qui les soutiennent. Cette texture apparaît par transparence avec le filigrane. Celui-ci, une figure formée par un fil de métal, fixée au treillis, désigne la marque de fabrique des moulins à papier. Il permet de mener des recherches sur la provenance du papier, sa datation, son format. Chaque feuille de papier n’en comporte qu’un. Plusieurs estampes pouvant être imprimées sur une feuille, une seule d’entre elles présente un filigrane. Celui-ci n’est pas toujours nettement visible à l’œil nu.
À l’heure actuelle, la bêtaradiographie et la radiographie X en permettent un relevé précis. Un corpus fondé sur la radiographie X est à l’étude à Amsterdam. Un autre a été publié par la National Gallery of Art de Washington, fondé sur la bêtaradiographie.
Celle-ci est réalisée à l’aide d’une petite plaque (18 x 13 x 1 mm) de plastique transparent marquée par du carbone 14, émettrice d’un rayonnement bêta qui traverse la feuille de papier et impressionne une pellicule sensible. Cette opération s’effectue dans l’obscurité en mettant en contact direct la plaque, la feuille et l’émulsion radiographique. Au développement apparaissent le filigrane reproduit au format de l’original et la trame du papier. Le but est de cerner les datations des états des estampes de Rembrandt, les écarts d’impression entre ces états, selon le papier utilisé. Mais les déductions sont prudentes, le papier pouvant être conservé pendant longtemps.
Le papier était cher et il semble que l’artiste l’achetait par cahier de vingt-quatre feuilles provenant de rames de diverses fabriques composées de 480 feuilles. On a découvert dans son œuvre environ 400 filigranes différents.
Rembrandt a aussi utilisé un autre papier, peu cher, proche du papier d’emballage, l’oatmeal paper ou "papier cartouche", brun clair ou gris, à la texture grossière. Ce papier est parfois confondu avec le papier indien.

Taille-douce

Procédés de gravure en creux sur métal : burin, eau-forte, pointe sèche, etc.

Tirage

Impression de la planche gravée.

Vernis

Le vernis est appliqué sur la surface de la plaque afin de la protéger de l’acide aux endroits qui ne doivent pas être mordus, c’est-à-dire creusés. Le vernis de Rembrandt était composé de cire vierge, d’ambre ou de bitume de Judée, de résine, de mastic en larmes, de poix de Bourgogne et d’essence de térébenthine. Le vernissage se fait à froid, au pinceau pour les retouches, et à chaud, au tampon pour des travaux plus importants.

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