Restait encore, pour que l’œuvre de Rembrandt fût parfaitement
représenté dans les collections de la Bibliothèque,
à acquérir des cuivres. Ce fut chose faite en 1993, lors
de la dispersion à Londres d’un lot de quatre-vingts plaques
gravées. Les cuivres de la
Femme
nue assise les pieds dans l’eau et du
Baptême
de l’eunuque sont exposés pour la première
fois.
Les dix sept catalographes de Rembrandt ont, en deux siècles,
sans cesse tenté de cerner cette production insaisissable, qui
a donné lieu aux appréciations les plus diverses au cours
des temps. Découvertes et descriptions d'états, datation,
informations sur le papier, les ventes, ont enrichi et diversifié
considérablement les notices des estampes. Les classements thématiques
ou chronologiques offrent diverses possibilités d'étude
de l'œuvre.
Le XX
e siècle a vu paraître
huit nouveaux catalogues !... ce qui suffit à prouver l'actualité
de l'œuvre de Rembrandt. Les nombreuses épreuves recherchées
et rassemblées au cours de trois siècles, reflètent
le mythe Rembrandt : belles épreuves, épreuves uniques,
rarissimes, retouchées par l'artiste, successions d'états...
et aussi, épreuves des cuivres usés, retravaillés,
découpés même, épreuves falsifiées,
copies, reproductions photomécaniques. Les inventaires manuscrits
de l'œuvre, qui suivirent chaque acquisition importante et chaque
reclassement, du début du XVIII
e au
début du XX
e siècle, présentent
des marges couvertes d'annotations, d'appréciations, d'estimations,
d'anecdotes. Ils révèlent la passion des amateurs, l'intérêt
suscité par chaque épreuve, l'évolution du goût
souvent surprenante.