Attribué à Andrea Casalini. Plaisance, vers 1540-Milan, 1597.
Modèle pour le casque de l'armure d'Alexandre Farnèse (détail)
Vers 1575-1580
Plume et encre brune, lavis gris d'acier (pour le fond) et bistre (pour les ornements). 540 x 360 mm.
Filigrane : main.
Paris, BNF, Estampes, Rés. B 11a boîte format 4 (pièce extraite du premier recueil de Peiresc : Rés. Aa 53 fol., p. 104, dernier feuillet)

Ce somptueux dessin est le modèle qui servit à confectionner le casque de l'armure d'Alexandre Farnèse (1545-1592). Il s'agit d'un armet, petit casque fermé en usage du XIVe au XVIe siècle. Le casque et les autres pièces de l'armure sont conservés à Vienne. Chef-d'œuvre de la Renaissance maniériste, cette armure est attribuée à l'armurier et orfèvre milanais, Lucio Piccinino (1550-1589) ; les dessins préparatoires à la confection de l'armet n'ont pas été réalisés par l'armurier et orfèvre milanais Lucio Piccinino (1550-1589) mais par un artiste de son entourage.
Les dessins préparatoires à la confection d'armures sont rares. Ceux de l'armure d'Alexandre Farnèse ont été conservés et sont donc d'autant plus précieux. Le maniérisme dans l'art de l'armure apparaît dans toute sa splendeur sur ce dessin de casque de parade. À la Renaissance, les armes et les armures étaient façonnées comme des objets d'art, la guerre étant appréhendée comme un spectacle esthétique. L'armure de parade, tout en conservant des qualités défensives, était avant tout une parure d'apparat pour les tournois, joutes et entrées triomphales. L'exubérance dans la décoration de cet armet, la richesse des motifs et le foisonnement des ornements à l'antique sont caractéristiques du style maniériste : guirlandes de fleurs et de fruits, festons et rinceaux, mascarons, putti, satyres, sirènes de toutes sortes (ailées, à queue de poisson ou sortant d'un coquillage), femmes nues allongées, soldats romains en cuirasse, poète à la lyre... témoignent de la créativité et de la virtuosité de l'artiste. L'armurier qui a dû forger dans le métal tous ces motifs décoratifs a su relever le défi avec succès : par une finesse d'exécution incomparable, il a respecté le modèle aussi fidèlement que possible et s'est révélé tout aussi talentueux que le dessinateur.