Italie du Nord
Tarot dit de Charles VI : L'Ermite
Fin du XVe siècle
Peinture a tempera à l'œuf, sur un dessin préparatoire à l'encre noire de type sépia ; décor de rinceaux estampés, après fixation de feuille d'or et d'argent sur une couche d'assiette, déposée sur un support de papier ; dos blancs unis. Papier en plusieurs couches avec rabats à l'italienne dont certains sont rognés. La partie du dessin dissimulée par les rabats réalisés après, a été redessinée. Dix-sept cartes : 180/185 x 90/95 mm.
Paris, BNF, Estampes, Rés. Kh 24

Vieillard à longue barbe, revêtu d'une cape, l'Ermite désigne d'une main un sablier qu'il tient de l'autre. Cette iconographie est semblable à celle de L'Ermite des tarots peints pour la famille Visconti-Sforza. Le sablier est l'emblème du temps qui s'écoule et celui de la durée de l'existence terrestre. L'Ermite est une représentation du temps destructeur, en relation avec la mort. Celle-ci est souvent figurée brandissant le même attribut, auprès d'une jeune fille, d'un couple d'amoureux, d'un chevalier. Le temps, la mort, sont des thèmes très prisés aux XVe et au XVIe siècles. La société exprime ainsi son angoisse devant l'inexorabilité du sort, les guerres, les épidémies, les famines qui déciment alors la population. Le sablier apparut dans l'art lorsque les artistes eurent à illustrer Les Triomphes de Pétrarque où le Temps triomphe de la Renommée. En Allemagne, il fut utilisé dans des thèmes divers. Dürer en fit l'un de ses symboles en l'associant à ses trois œuvres majeures, testament spirituel de l'artiste : Saint Jérôme dans sa cellule, Le Chevalier, la Mort et le diable, et Mélancolia.