Italie du Nord
Tarot dit de Charles VI : La Maison-Dieu
Fin du XVe siècle
Peinture a tempera à l'œuf, sur un dessin préparatoire à l'encre noire de type sépia ; décor de rinceaux estampés, après fixation de feuille d'or et d'argent sur une couche d'assiette, déposée sur un support de papier ; dos blancs unis. Papier en plusieurs couches avec rabats à l'italienne dont certains sont rognés. La partie du dessin dissimulée par les rabats réalisés après, a été redessinée. Dix-sept cartes : 180/185 x 90/95 mm.
Paris, BNF, Estampes, Rés. Kh 24

Tour carrée, crénelée d'où s'échappe des flammes, elle se lézarde, et semble frappée par la foudre. Cet atout pourrait être une évocation de la destruction de la tour de Babel que les hommes, rêvant d'atteindre le ciel, avaient construite avec des briques cuites, cimentées par du bitume. Dieu irrité de l'orgueil des hommes, empêcha la poursuite du chantier en confondant les langues. La destruction de la tour n'est pas mentionnée dans la Genèse, mais la dispersion des ouvriers la rend implicite.
C'est à partir de la fin du Moyen Âge que les artistes imagineront la dislocation du bâtiment provoquée par des éclairs jaillissant du ciel plutôt que par une intervention divine ou une tempête comme ils l'avaient fait antérieurement.
Les marches de feu qui se succèdent sur l'un des côtés de l'édifice pourraient représenter la rampe extérieure qui figure dès le XIVe siècle dans l'iconographie de la tour de Babel.
L'appellation de Maison-Dieu peut surprendre pour cette forteresse à la porte obscure, cependant en hébreu Babel signifie Porte du ciel et correspond bien à la fonction que devait remplir cette tour.