Naissance de la Perse islamique
   

642

Chute de l’Empire sassanide, qui s’étendait du Khorâssân jusqu’en Mésopotamie.
 

750

Abou al-‘Abbâs fonde la dynastie des ‘Abbâssides et fait de Bagdad sa capitale. Avec la conquête arabe, l’islam s’impose progressivement et l’arabe devient la langue écrite de l’élite iranienne.
 

IXe siècle

L’affaiblissement du califat favorise l’apparition de dynasties locales indépendantes en Iran oriental : Tahirides (820-873), Saffarides (863-902), Samanides (874-1001). Les gouverneurs samanides encouragent les arts, les sciences, l’architecture, et la littérature persane connaît un grand renouveau.
 

932-1055

La dynastie des Bouyides (musulmans chiites) développe une vie culturelle intense à Bagdad et à Chirâz.
  Des tribus turques prennent le pouvoir
 

982-1186

Le déclin des Samanides profite à certains de leurs vassaux turcs, qui fondent la dynastie des Ghaznavides ; celle-ci se maintiendra pendant plus d’un siècle au Khorâssân et dans l’actuel Afghanistan, et sera à l’origine de l’expansion de la culture musulmane d’expression persane vers l’Inde.
 

1055-1194

Les Bouyides sont renversés par les Seldjoukides, membres d’une tribu turque venue de Transoxiane. Leur chef restaure le califat ‘abbâsside à Bagdad, qui retrouve son éclat culturel. Établis ensuite sur tout le plateau iranien, les Seldjoukides s’islamisent et adoptent la culture persane.
  L’irruption des Mongols
 

1253

Hülegü, petit-fils de Gengis Khân, envahit la Perse et fonde la dynastie des Il-Khâns (1258-1335).
 

1258

Bagdad est pris aux ‘Abbâssides. Après une période de destruction, certains vizirs il-khânides, bibliophiles éclairés, relancent la tradition du mécénat ; peu à peu s’élabore une synthèse entre l’héritage musulman et l’art extrême-oriental apporté par les Mongols.
  Une unité difficile à maintenir
 

fin XIIIe-
XIVe siècle

L’unité politique de la Perse se désagrège, laissant place à de multiples dynasties provinciales, dont les Djalâyerides (Tabriz, Bagdad) et les Mozaffarides (Ispahan, Chirâz, Kermân), très actifs dans le domaine du mécénat.
 

1381-1387

Venu d’Asie centrale, Timour Lang (Tamerlan) conquiert le Khorâssân, le Fârs, Tabriz, Bagdad, Dehli… Au cours de ses campagnes, il recrute pour sa cour de Samarqand un grand nombre de savants, d’hommes de lettres et d’artistes.
 

Début du
XVe siècle

À la mort de Tamerlan, son royaume est morcelé entre ses descendants, les Timourides : Bâysonqor à Hérât, Eskandar à Ispahan, Ebrâhim à Chirâz, Ologh Bêg à Samarqand. Le livre enluminé, en tant qu’emblème du pouvoir, est l’objet de tous les soins des artistes des ateliers princiers.
  La puissance des Turkmènes
 

1450-1469

Le prince turkmène Pir Bodâq, du clan des Qara-qoyounlous (« Moutons Noirs »), conquiert la Perse centrale et établit sa cour à Chirâz puis à Bagdad.
 

1460-1502

Le clan rival des Aq-qoyounlous (« Moutons Blancs ») s’empare de la Perse centrale et occidentale et fait de Tabriz sa capitale.
 

1470-1506

Hoseyn Mirzâ Bayqarâ maintient un État timouride à Hérât.
  Le règne des Safavides
 

1501

Les partisans de Châh Esmâ’il s’emparent de Tabriz et fondent la dynastie des Safavides. Chiites, ils s’opposent aux Ottomans, aux Ouzbeks et aux Timourides, qui sont sunnites. L’héritage timouride survivra en Inde, où après 1550 les Grands Moghols attireront de nombreux calligraphes et peintres persans.
 

1524-1587

Règne de Tahmâsb, fils de Châh Esmâ’il. À partir de 1545, les commandes royales en matière de livres se font moins nombreuses. La capitale de l’État safavide est transférée à Qazvin, et beaucoup d’artistes choisissent de s’exiler pour bénéficier du mécénat princier des cours indienne ou ottomane.
 

1556-1565

Sous l’impulsion d’Ebrâhim Mirzâ, la province du Khorâssân devient un centre culturel important. Les albums où alternent calligraphies et peintures isolées tendent à supplanter les copies des grands textes de la littérature persane.
  L’influence européenne
 

1588-1629

La Perse safavide connaît son apogée avec ‘Abbâs le Grand, qui transfère la capitale à Ispahan (1598). Son règne est marqué notamment par le développement des échanges avec l’Europe. L’art du livre subit l’influence des gravures européennes ; tout en conservant un grand prestige, il n’occupera plus dès lors qu’une place de second plan dans la production des ateliers princiers.
 

1722

Les Afghans s’emparent d’Ispahan. Chute de la dynastie safavide.