Deux graphies gothiques
Geoffroy Tory, Champ fleury. Au quel est contenu lart et science de la deue et vraye proportion des lettres attiques, quon dit autrement lettres antiques et vulgairement lettres romaines, proportionnees selon le corps et visage humain
Geoffroy Tory et Gilles de Gourmont, Paris, 1529.
Livre imprimé sur papier. 2o. Reliure en veau marbré, XVIIIe siècle
Provenance : « ex libris sancti Joannis Carnutensis [Chartes ?] 1709 » ; saisie révolutionnaire ?
Paris, BnF, Réserve des livres rares. Rés. V. 516, f. 74v°-75r°
© Bibliothèque nationale de France
Cherchant peut-être à amorcer une histoire de l’écriture française, Tory présente d’abord les graphies gothiques : la « lettre de forme » qui domine au Moyen Âge et la « lettre bâtarde » qui lui succède à partir du XVe siècle. Remplaçant les formes austères et anguleuses de la lettre de forme par des tracés plus courbes et plus souples, la bâtarde est encore perçue au début du XVIe siècle comme la graphie propre du français. C’est précisément l’écriture que le Champ fleury entend remplacer par le caractère romain. Si le graphisme gothique de ces deux feuillets rompt donc nettement avec l’esthétique à l’antique mise en œuvre dans le reste du livre, la valeur morale donnée aux lettres reste cependant perceptible dans les deux formules placées en bas de page : « honneur et service à Dieu » et « Assez demande qui bien sert ».
 
 

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