Au temps de l'âge d'or
Le Paradis
Au temps de l'âge d'or

Réalité du Paradis

Paradis terrestre

Paradis interdit
L'Âge d'or " D'or fut la première race d'hommes périssables que créèrent les Immortels, habitants de l'Olympe. C'était aux temps de Cronos, quand il régnait encore au ciel. Ils vivaient comme des dieux, le cœur libre de soucis, à l'écart et à l'abri des peines et des misères : la vieillesse misérable sur eux ne pesait pas ; mais, bras et jarrets toujours jeunes, ils s'égayaient dans les festins, loin de tous les maux. Ils mouraient comme en s'abandonnant au sommeil. Tous les biens étaient à eux : le sol fécond produisait de lui-même une abondante et généreuse récolte, et eux, dans la joie et la paix, vivaient de leurs champs, au milieu de biens sans nombre. Depuis que le sol a recouvert ceux de cette race, ils sont, par le vouloir de Zeus tout-puissant, les bons génies de la terre, gardiens des mortels, dispensateurs de la richesse. "
Hésiode Les Travaux et les Jours, VIIIe s. av. J.-C

L'ordre du monde " Alors, en effet, le commandement et la vigilance du dieu s'exerçaient tout d'abord, comme à présent, sur l'ensemble du mouvement circulaire, et la même vigilance s'exerçait localement, toutes les parties du monde étant distribuées entre des dieux chargés de les gouverner. D'ailleurs, les animaux eux-mêmes avaient été répartis, par genres et par troupeaux, sous la houlette de génies divins, dont chacun pourvoyait pleinement par lui-même à tous les besoins de ses propres ouailles, si bien qu'il n'y en avait point de sauvages et qu'elles ne se mangeaient point entre elles, et qu'il n'y avait parmi elles ni guerre ni querelle d'aucune sorte. "
Platon, Le Politique, 271 d, Gallimard, 1996, p. 31.

La fin de L'Âge d'or " C'est qu'auparavant, les habitants du ciel aimaient à visiter en personne les chastes demeures des héros et à se montrer aux mortels, en un temps où la pietas n'était pas foulée aux pieds […] Mais depuis que la terre a été imprégnée de crimes sacrilèges et que tous les hommes ont expulsé la justice de leur cœur soumis au seul désir ; depuis que des frères ont trempé leurs mains du sang d'un frère, que le fils a cessé de pleurer la perte de ses parents, que le père a souhaité la mort d'un fils aîné pour être libre de posséder dans sa fleur une bru encore vierge, qu'une mère impie, se glissant sous lui à l'insu de son fils, n'a redouté, impie qu'elle est, ni les dieux ni la souillure de ses Pénates, ce mélange de l'avouable et de l'inavouable, fruit d'une démence malsaine, a détourné de nous l'attention justifiante des dieux. Aussi ne daignent-ils plus visiter de telles assemblées et ne souffrent-ils pas de se laisser toucher par l'éclat de la lumière. "
Catulle, Poésies, LXIV, Les Belles Lettres, 1984, p. 67-68..
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