Encyclopédie des arts du cirque

Arts du cirque

Clémentine Soullier, montée en amazone

Hippodrome Louis Soullier, Lyon,
Estampe imprimée par Gerente fils, d’après un dessin de C. A., 1850
Centre national des arts du cirque, archives Tristan Rémy
© D.R.
L’écuyère figurée ci-dessus, montée en amazone, porte le costume nommé également « l’amazone » : veste à basques ajustée, fermée au cou, sans fioritures, longue robe couvrant les pieds et chapeau haut-de-forme à ruban légèrement plus large que celui d’un homme.
Seule fille sur les cinq enfants de l’écuyer et entrepreneur de cirque Louis Soullier (1813-1888), Clémentine est une écuyère accomplie. Elle fait partie de la troupe du Cirque Impérial de Louis Soullier, qui se produit en 1849 à l’Hippodrome de l’Étoile, puis à l’Hippodrome de Kensington, que dirige son père. En avril 1850, celui-ci inaugure un Hippodrome à ciel ouvert à son nom à Lyon, et y organise de grands événements, dont la partie équestre, comme la haute école, est présentée sous la coupole du Jardin d’Hiver de la ville. En 1850, toujours, il organise la « 4e Grande Fête de l’Équitation » ouverte par un Char du Soleil – référence évidente aux Pompes romaines – et marquée par l’envol du gigantesque aérostat baptisé Philadelphie, sous lequel son père chevauche un cheval.
Au terme d’un bref contrat au Cirque Rancy, sur le site de l’Alcazar de Lyon en 1856, Clémentine Soullier le rejoint à Constantinople, au palais du sultan Abdul Medjid qui l’a nommé Maître écuyer des écuries du Sultan. En tournée en Europe et en Asie, Louis Soullier adopte définitivement un uniforme de gala de colonel de l’armée turque et crée un cirque qu’il nomme Le Caravansérail. Clémentine figure au programme des Jardins de Cremorne en 1858 auprès de Frantz et Albert de Bach ses demi-frères au sein de la troupe du Cirque Oriental de son père. À l’affiche des festivités de la ville de Chelsea est annoncée une pantomime relatant la Bataille de Waterloo, défaite napoléonienne…
Clémentine est la seule de la fratrie à faire carrière, trois de ses frères ayant été hospitalisés à vie en psychiatrie alors que le quatrième était condamné à la guillotine pour complicité de vol crapuleux.
 
Sources :
- Article « Hippodrome et cirque », dans L'Argus et le Vert-vert réunis du 7 avril 1850.
- Article « Hippodrome Soullier », dans L'Argus et le Vert-vert réunis du 21 avril 1850.