Danseur de corde
Sur un fil
9 vignettes, eau-forte coloriée, XVIIIe siècle.
BnF, Bibliothèque-musée de l'Opéra, EST CIRQUE 4 (6)
© Bibliothèque nationale de France
Une simple corde, souple ou tendue, constitue pour de nombreux saltimbanques une aire de jeu inédite pour y développer postures et figures, parfois compliquées d’une trame théâtrale, avec accessoires et costumes. Lorsqu’il s’agit d’enrichir les exercices, les danseurs de corde rivalisent d’imagination et multiplient les contraintes pour construire séquences et saynètes. Les pieds glissés dans de lourds sabots de bois, les chevilles entravées par un lien souple ou rigide, le balancier délaissé au profit d’un violon ou d’une paire de rapières, mais toujours à l’aise sur la corde, les acrobates évoluent à plusieurs mètres du sol et suscitent l’admiration des spectateurs qui se tordent le cou pour mieux les voir.

L’apparence compte beaucoup pour les saltimbanques, soucieux à la fois de marquer les esprits par une vêture parfois tapageuse, mais souvent aussi très liée à la mode du temps quand il ne s’agit pas d’incarner un rôle ou un personnage précis. Le tonnelet, commun à plusieurs de ces figures, est une pièce du vestiaire, très en vogue au XVIIIe siècle, notamment pour les danseurs. C’est une sorte de caleçon rigide et bouffant, armaturé à l’aide de morceaux de crin, qui rappelle la forme bombée des « paniers » propres au costume féminin élégant. Le tonnelet, porté haut sur les cuisses, a l’avantage de laisser les jambes libres, une donnée évidemment essentielle pour un acrobate contraint au déséquilibre permanent. Dans une certaine mesure, le costume conditionne les pas par son ampleur et son poids et révèle ainsi en creux la virtuosité de celui qui le porte.
 
 

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