Encyclopédie des arts du cirque

Arts du cirque

D’jelmako, funambule à grande hauteur

Les Arènes de Nîmes, 1909
BnF, département des Arts du spectacle, 4-COL-180 (151)
© Bibliothèque nationale de France
Dans l’univers du divertissement, se composer un personnage qui fasse rêver les spectateurs fait partie du jeu. Né le 24 décembre 1857 d’une mère originaire du Canada, mi-Indienne de la tribu des Sioux et mi-Française, le Marseillais Etienne Blanc a des atouts pour se constituer une silhouette originale. Il adopte désormais un teint cuivré, un costume de trappeur et une coiffe de chef indien qu’il pose sur ses cheveux longs pour accompagner son deuxième nom, qui est celui de son oncle maternel : D’Jelmako, littéralement « Le Tonnerre qui gronde ». En 1890, il fait imprimer une affiche d’artiste à Turin pour annoncer sa traversée de la cascade de Terni, longue de 80 m, à 115 m de hauteur. Représenté en Indien à peine habillé d’un pagne en peau de bête et d’un collier de plumes, juché sur une corde au-dessus d’un vaste fleuve, il progresse sur le fil chaussé de cornes de buffles ou tire au canon à mi-parcours. Une de ses affiches est même titrée « D’Jelmako, le Blondin Indien » en référence à son compatriote Jean-François Gravelet dit Blondin (1824-1897), dont il entendit enfant chanter les exploits au-dessus des chutes du Niagara.
Sur la photographie ci-dessus, le dispositif monté à partir de deux mâts, très au-dessus des Arènes de Nîmes, comprend le câble principal, des filins qui l’haubanent et maintiennent les deux passerelles et tous les cabaletti, fixés en diagonale sans doute en plusieurs points de l’amphithéâtre. Le funambule donne l’impression de courir sur le câble, son balancier tenu devant lui, la coiffe flottant au vent. Plus bas, à droite de l’image, arrimé à une corde, un petit appareil de son invention qu’une poulie aide à monter jusqu’à lui : la Torpille aérienne, automobile, une trouvaille qui le distingue des autres funambules mais qui provoquera sa chute, mortelle, à Montpellier, le 30 juillet 1933.
 
Sources :
- Adrian, Le sens de l’équilibre, Éditions Paul Adrian, collection L’Encyclopédie du cirque n°7, 1993, p. 101-102.
- Louis-H. Escuret, D’Jelmako, le célèbre funambule (1857-1933), Montpellier, chez l’auteur, 1962.