Encyclopédie des arts du cirque

Arts du cirque

La contredanse sur quatre cordes menée par Forioso

Le Bon Genre, Observations sur les modes et les usages de Paris depuis le commencement du dix-neuvième siècle par l’Abbé Pierre de la Mésengère, 1827
Planche n°25 sur 115
Réimpression R. Tamburro avec préface de Léon Moussinac, 134 p. et 100 planches couleur, gravure par E. Doisteu, coloris par J. Saudé, éditions Albert Lévy (Paris), 1931
BnF, département des Estampes et de la photographie, PET FOL-OA-94 (BA)
© Bibliothèque nationale de France
Catalogue de mode, « Le Bon genre » présente sur sa planche n°25 une troupe de danseurs de corde qui a marqué l’époque du Directoire et du Premier Empire : celle de Pierre Forioso (1772-1846). Il danse avec sa sœur, Catherine, devenue Mme Alphonse après son mariage. À gauche figure sa sœur cadette et, assis au bout du croisé, vu de dos, est probablement son jeune frère, surnommé Mustapha pour ses jeux de sabre et son turban à la turque.
Pierre Forioso, né quatorze ans avant deux femmes célèbres qui pratiquent également la danse de corde, la Malaga et Mme Saqui, doit faire face à une concurrence sévère. Mais son principal rival est encore Gabriel Ravel (né en 1783) appelé « L’Incomparable ».
Les prouesses des danseurs de corde et funambules de la première moitié du XIXe siècle – on dit ‟acrobatesˮ – ont su les rendre indispensables. Vêtus de costumes brillants et coiffés de casques emplumés, ils sont attendus lors des fêtes populaires et des célébrations officielles, brandissant des drapeaux en guise de balanciers et terminant dans une nuée de feux d’artifice.
Pierre Echinard, chroniqueur et historien de Marseille, note que les théâtres de la ville accueillent régulièrement des danseurs de corde. Il cite au programme du Grand Théâtre Ambrosio – dit Il Diavolo – en 1807, Forioso en 1809, Ravel en 1811, la Saqui en 1812, Godeau en 1818 et les sœurs Romanini en 1823. Les sœurs Romanini reviennent en 1824, et Ravel au Théâtre Français après le grotesque aérien Félix Mahier qui s’y était produit en 1819. La Malaga et son mari Cabanel, ancien pensionnaire de la troupe des grands danseurs du Roi de Nicolet passent pour leur part en 1809 au Théâtre Pavillon. MM.
 
Voir :
- Lettre de Forioso du 3 août 1808 au Préfet de la Seine et Marne pour s’offrir à organiser les fêtes du 15 août à Melun en 1808.
 
Sources :
- Journal général de France du 30 mars 1807.
- Programme du Colisée dans Le Journal de l’Empire du 26 mai 1811.
- Article de Pierre Echinard « Une tentative de cirque permanent à Marseille vers 1830 : le Cirque Olympique de Marseille », dans La Provence Historique, fascicule 160, 1990.