Encyclopédie des arts du cirque

Arts du cirque

Monsieur Huline, clown musical, assis sur le dossier d’une chaise

Atelier Nadar, tirage de démonstration, vers 1895
Tirage figurant dans les albums de référence de l’atelier Nadar, vol. 50, série ‟Cartes albumsˮ
Photographie positive sur papier albuminé d’après un négatif sur verre au gélatinobromure d’argent, 14,5 x 10,5 cm
BnF, département des Estampes et de la photographie, FT 4-NA-238 (35)
© Bibliothèque nationale de France
Curieusement, c’est au XIXe siècle à Paris que se dessinent les contours du clown de cirque. On dit qu’il est né d’un croisement du clod anglais du XVIe siècle, parent du Clown de la pantomime des théâtres londoniens, et du grotesque français, lui-même issu du Paillasse de la foire. Au Cirque-Olympique des Franconi, au tout début du siècle, on adopte d’abord le nom de « claune » ou « claude », pour définir un personnage faussement balourd, un peu excentrique à la façon du Clown de la pantomime anglaise. Extraordinaire sauteur, Auriol est le premier à être baptisé « clown », surtout lorsqu’il introduit de la facétie dans ses exercices dont l’exécution devenait plus difficile avec le temps.
Descendant de Little Huline, sauteur et équilibriste à la façon d’Auriol, Monsieur Huline incarne un clown désormais classique. Il est habillé d’un costume décliné de la simple souquenille des premiers grotesques, mais d’une coupe et d’une étoffe plus raffinées qui préfigure le costume pailleté, appelé sac, des clowns du siècle suivant. Sa large collerette et sa mandoline rappellent le Pierrot de la comédie italienne qui apparaît longtemps dans des scènes de manège ou certaines pantomimes.
La ponctuation du masque blanc et le minuscule cône blanc planté sur une calotte de cheveux, qui termine sa silhouette, s’affirment comme un signe distinctif, personnalisé, quand d’autres clowns arborent un toupet ou un cône deux fois plus volumineux en hauteur ou en largeur, cabossé ou à revers.
 
Source : Note « Claune » dans Les Animaux savants ou exercices de chevaux de MM. Franconi, par Mme B*** née de V., Paris, 1816, p. 44.