Globe terrestre dressé sur les observations les plus nouvelles et les plus exactes approuvées par Mrs de l’Académie des sciences

Abbé Jean Antoine Nollet (1700-1770) et Louis Borde,

1728

dédié [et] présenté à S.A.S. Madame la Duchesse du Maine
D. 32,5 ; H. 55 cm
BnF, département des Cartes et Plans, Ge A 1741 Rés
Personne ne sut mieux que l’abbé Jean Antoine Nollet faire d’une paire de sphères, céleste et terrestre, la quintessence d’une société choisie, éprise de savoir et d’élégance. Membre dès l’origine de la Société des arts, Jean Antoine Nollet s’était rendu célèbre en dispensant des cours publics de physique expérimentale, devenu en peu de temps le rendez-vous du Tout-Paris. Ses expériences mêlaient à la rigueur opératoire une approche théâtrale spectaculaire. Non content de diffuser la bonne parole, Nollet l’appuyait sur la fabrication d’instruments qui se reconnaissent aisément à leur décor soigné, où la peinture de laque noir et rouge est rehaussée de filets dorés faits de grecques ou de fleurs. Or sa première incursion en ce domaine fut en 1728-1730 pour une paire de globes, qu’il dédia pour l’un au comte de Clermont, pour l’autre à sa tante, la duchesse du Maine. Les piètements de la paire conservée à la Bibliothèque nationale de France, commandée en 1733 par le trésorier d’Alexandre de La Rochefoucauld, ont été conçus pour s’accorder aux boiseries de la bibliothèque des La Rochefoucauld au château de La Roche-Guyon. Avec leur monture tripode au galbe sinueux qu’agrippent les acanthes de l’entretoise, les globes de l’abbé Nollet participent de cette vision aimable et raffinée des sciences au salon.